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Quelle est la différence entre inégalité et discrimination ?

Questions clés 31 janvier 2013

En pratique, il est souvent difficile de démêler ce qui relève de la discrimination entre des individus du fait de certaines de leurs caractéristiques et ce qui relève des inégalités .


Une inégalité désigne un accès différent à des ressources (l’éducation, les revenus, le patrimoine, etc.) ou des pratiques (logement, consommation, santé, etc.) plus ou moins valorisées [1] dans la société (voir notre définition). Une discrimination est une différence de traitement interdite par la loi selon un certain nombre de critères (l’âge, le sexe, l’origine, l’état de santé, l’orientation sexuelle, les opinions politiques, etc.).

Toutes les inégalités ne sont pas illégales et donc pas des discriminations, mais toute discrimination constitue une forme d’inégalité. Il est illégal de refuser de louer un appartement à une personne du fait de sa couleur de peau (cas de discrimination), mais pas parce que ses revenus ne sont pas suffisants (inégalité). On peut être condamné par la justice pour discrimination, pas pour un traitement inégalitaire.

Les discriminations sont contraires à l’aspect le plus fondamental de l’égalité, l’égalité des droits des citoyens, qui est au centre des principes de nos démocraties. On pourrait dire qu’elles forment le cœur de la question des inégalités qui est une question plus vaste. Elles sont moins fréquentes que les inégalités (l’immense majorité de la population n’est pas raciste, sexiste ou homophobe) mais bien plus violentes car elles touchent des valeurs essentielles (c’est pour cela qu’elles sont interdites par le droit) et que certaines inégalités peuvent être plus ou moins justifiées.

Pour le comprendre, reprenons notre exemple du logement. La sélection se fait beaucoup plus souvent par l’argent (une inégalité, c’est légal) que par la couleur de la peau (une discrimination, c’est illégal). Par contre, refuser de louer à une personne parce qu’elle est noire est inacceptable, alors que ce n’est pas le cas si elle ne gagne pas assez. On récapitule : dans la vie on rencontre bien plus d’inégalités que de discriminations, mais les secondes font beaucoup plus mal.

En pratique, il est difficile de faire la part des choses entre les discriminations et les inégalités. On peut ainsi être écarté de l’emploi à la fois parce que l’on ne dispose pas de diplôme mais aussi du fait de sa couleur de peau ou de son sexe. Si seul le premier critère est le plus souvent avancé, dans la vie quotidienne les effets se cumulent et sont complexes à démêler. En plus, tout cela change dans le temps : par exemple, jusqu’au début des années 1960 un homme pouvait interdire à sa femme de travailler. Ce n’est plus le cas : en quelque sorte l’inégalité est devenue discrimination.

On a longtemps mis en avant les inégalités fondées sur l’origine sociale et sous-estimé les discriminations. Un ouvrier noir était d’abord un travailleur exploité. Sa couleur était secondaire. Aujourd’hui, c’est l’inverse : la lutte contre les discriminations a volé la vedette à la lutte contre les inégalités sociales. L’accent mis sur les discriminations masque de facto les mécanismes sociaux qui produisent les inégalités. Tout le défi de l’observation des inégalités est de faire la part des choses, de lutter à la fois contre les inégalités sociales et contre les discriminations, en mesurant le poids des différents facteurs, sans se servir des unes pour masquer les autres.

L’identification de quelques coupables de discriminations ne doit pas cacher le problème plus général des inégalités sociales. Au nom de la « diversité », on se félicite dans certaines entreprises de la présence des femmes et des personnes d’origine étrangère, sans voir qu’elles sont souvent les premières victimes de la précarité et de la pénibilité du travail. Au bout du compte, la « diversité » mise en avant fait diversion. Tout le défi de l’observation des inégalités est de faire la part des choses, de lutter à la fois contre les inégalités sociales et contre les discriminations en mesurant le poids des différents facteurs, sans se servir des unes pour masquer les autres.

Photo / © Fotolia


[1Si on ne peut pas faire de hiérarchie, alors on parle de différence. Par exemple, avoir un chat ou un chien.


Date de première rédaction le 13 mars 2008.
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