La pauvreté selon l’origine dans l’Union européenne

40,9 % des immigrés [1] nés hors de l’Union européenne sont en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (2013, voir encadré), contre 24,1 % des citoyens de l’Union européenne qui vivent dans un pays dont ils ne sont pas originaires et 22,6 % des Européens qui vivent dans leur pays d’origine.

Encadré

Les personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale sont celles qui sont concernées par au moins une des trois situations suivantes :
- Elles ont un niveau de revenu disponible inférieur à 60 % du revenu médian national
- Elles sont en situation de privation matérielle grave, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas en mesure d’effectuer au moins quatre des neuf actions suivantes : payer un loyer ou des factures courantes, chauffer correctement son domicile, faire face à des dépenses imprévues, consommer de la viande, du poisson ou un équivalent de protéines tous les deux jours, s’offrir une semaine de vacances en dehors de son domicile, posséder une voiture personnelle, posséder un lave-linge, posséder un téléviseur couleur, posséder un téléphone
- Elles vivent dans un ménage dont le niveau d’emploi des membres est faible

Cette définition de la pauvreté et de l’exclusion sociale, développée par Eurostat, est sujette à débats en tant qu’elle privilégie une approche très large. Voir l’article de Julien Damon sur la question sur le site Internet de l’Observatoire des inégalités.

Les niveaux ainsi que les écarts entre immigrés et non-immigrés sont très différents d’un pays à l’autre. Les taux de risque de pauvreté des immigrés issus d’un pays extracommunautaire sont globalement assez élevés, mais le plus haut est en Grèce (66,9 %). Il est par exemple de 38,1 % en France, 31 % en Allemagne. Mais c’est en Belgique que l’on observe le plus grand écart entre immigrés hors UE et nationaux : près de 40 points de pourcentage en défaveur des premiers.

Ces différences entre migrants venus de l’extérieur de l’Union européenne et les personnes qui vivent dans leur pays d’origine s’expliquent par de très nombreux facteurs. Dans certains pays, des emplois sont interdits aux étrangers, ce que sont la plupart des immigrés (exceptés ceux qui ont été naturalisés). Le peu d’écarts entre natifs et citoyens de l’Union européenne corrobore cela : ces derniers sont moins concernés par les interdictions. En outre, les migrants des différents pays ne sont pas de même origine sociale, ou de même âge moyen : les immigrés vivant en France sont en moyenne moins qualifiés, par exemple. Enfin, les conditions d’accès à la protection sociale en fonction de la nationalité diffèrent selon les pays.

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Notes

[1Les immigrés peuvent être naturalisés et donc être citoyens du pays ou étrangers


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29 janvier 2015

Thèmes : • Pauvreté • Conditions de vie • Pauvreté

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